Le niveau de vie des retraités va décrocher

12 juillet 2016

Le pouvoir d’achat des pensionnés va augmenter moins vite que celui du reste de la population. La faute aux retraites indexées non plus sur les salaires, mais sur les prix.

 Le niveau de vie des retraités est condamné à se dégrader. Après un « pic » enregistré l’an dernier, il ne va cesser de s’éroder d’année en année par rapport à celui des actifs, prévient le Conseil d’orientation des retraites (COR) dans son dernier rapport annuel rendu public le 15 juin 2016.

Certes, le pouvoir d’achat des retraités part de haut. Il a représenté, tous revenus confondus, 107% de celui du reste de la population en 2015, rappelle le COR, une institution rattachée à Matignon. Ce bon chiffre s’explique par le fait que, contrairement aux actifs, la majorité des retraités n’ont plus d’enfant à charge et ont fini de payer les mensualités de remboursement de leur crédit immobilier.

Indexation sur l’inflation

En outre, ils bénéficient des intérêts, plus-values et autres dividendes issus de l’épargne qu’ils ont constituée avec le temps. Ils profitent également d’une CSG moindre (6,6% contre 7,5% pour les actifs) et des dégrèvements, voire d’exonérations, de taxe d’habitation et de taxe foncière pour certains.

En dépit de ces avantages, le niveau de vie des retraités va décrocher. Selon les scénarios économiques, il va représenter entre 74% et 94% de celui de la population, tous âges confondus. Ce mouvement résulte du changement du mode d’indexation annuelle des pensions. Depuis la réforme Balladur de 1993, les retraites de base du secteur privé ne sont plus revalorisées chaque année sur la hausse des salaires, mais sur la hausse des prix à la consommation (hors tabac).

Salaire « porté au compte »

La mesure a été étendue par la loi Fillon de 2003 aux retraites des fonctionnaires et aux régimes dits « spéciaux » (SNCF, RATP, Banque de France…) par la réforme de 2008. Or, comme traditionnellement les salaires augmentent plus vite que les prix, l’écart de niveau de vie entre actifs et retraités se creuse d’année en année.

L’indexation sur l’inflation pénalise les retraités actuels et futurs. La retraite de base est en effet calculée dans le privé par rapport aux 25 meilleures années de carrière. Les salaires annuels les plus élevés sont « portés au compte », c’est-à-dire mis à part. Tous les ans, ils sont là-aussi revalorisés non plus sur la hausse salariale mais sur celle des prix. De quoi accroître à terme un peu plus le fossé entre les actifs et les retraités.