8 clés pour (bien) utiliser votre capacité d’épargne

23 février 2018

 

Pour peu que l’on s’y prenne suffisamment tôt et que l’on fasse preuve de constance, épargner – même une petite somme – tous les mois permet de se constituer un capital sur le long terme. Mais pour maximiser le fruit de vos efforts, encore faut-il adopter les bonnes stratégies et opter pour des supports adaptés à son profil … Voici la marche à suivre.

 

 

Pour optimiser votre capacité d’épargne, un certain nombre de pistes méritent d’être explorées …

1. Définissez votre objectif

Parce qu’atteindre un objectif implique de l’avoir préalablement identifié, posez-vous la question de savoir pourquoi vous souhaitez épargner. En fonction de votre réponse, certains supports pourront être préférés à d’autres, moins adaptés à vos projets.

 

Si vous vous sentez plus « fourmi » que « cigale » et que vous voulez pouvoir parer à tout imprévu, constituez-vous une épargne dite de précaution, c’est-à-dire une réserve d’argent garantie et disponible à tout moment.

> Le conseil : privilégiez les livrets réglementés (Livret A, Livret de Développement Durable, « super livret », etc.). Offrant des facilités de gestion, disponibles et exempts de frais de fiscalité (leur taux de 0,75 % est net d’impôts), les livrets réglementés, même s’ils rapportent moins que l’inflation, sont avantageux à plus d’un titre.

 

Si vous attendez de votre placement qu’il vous rapporte de l’argent, quitte à faire preuve de patience en acceptant que votre argent soit bloqué pendant quelques temps et à prendre des risques dans l’espoir d’optimiser vos gains, optez plutôt pour une épargne dite « spéculative ».

> Le conseil : orientez-vous vers des produits tels que le PEA (Plan d’Épargne en Actions), le compte-titres ou encore l’assurance-vie. Dans ce dernier cas, si vous êtes prêt(e) à prendre le risque de ne pas récupérer votre mise en contrepartie de la possibilité de profiter d’un rendement attractif, privilégiez un fonds en unités de compte. Mais pour optimiser vos chances de choisir la stratégie la plus adaptée, nous ne saurions trop vous inciter à recourir aux services d’un conseiller en gestion de patrimoine. Son expertise vous évitera de vous tromper !

 

Si vous concevez votre épargne comme un outil qui vous permettra de vous assurer un complément de revenus lorsque vous aurez pris votre retraite, de faire l’acquisition – à moyen/long terme – d’un bien immobilier, de financer les études de vos enfants ou de rendre possible tout autre projet que vous auriez en tête, alors c’est probablement une épargne « projective » qu’il vous faut.

> Le conseil : parmi les solutions qui s’offrent à vous, le PEL et le Plan d’Épargne Retraite pourraient répondre à vos attentes patrimoniales. De même, l’assurance-vie dans sa version « fonds en euros » est une option à envisager. Tout en offrant un rendement limité, vous limitez le risque de perte en capital. Pour autant, les fonds en euros de certains contrats d’assurance-vie ne sont parfois garantis en capital qu’avant que les frais de gestion aient été prélevés…

 

2. Automatisez votre épargne

Ce n’est pas tant le montant des sommes que vous parviendrez à mettre de côté que la régularité avec laquelle vous le ferez qui vous permettront d’optimiser votre effort d’épargne. Comme aurait pu le dire Oscar Wilde, c’est là toute l’importance d’être constant (même si, dans la pièce du même nom, « Constant » n’est pas une qualité mais le prénom de l’un des personnages).

Pour ne pas oublier de verser de l’argent tous les mois, depuis votre compte courant vers le compte d’épargne de votre choix, programmez automatiquement vos virements. Et pour ne pas vous retrouver dans le rouge, sachez qu’il est possible de décider à l’avance que votre virement ne s’effectuera que si l’argent sur votre compte courant dépasse un certain montant.

 

3. Intéressez-vous aux dates de valeur

Même si les dates n’ont jamais été votre point fort, commencer à vous y intéresser pourrait sinon vous faire gagner de l’argent, à tout le moins, éviter d’en perdre !

En termes de placements, les dates de valeur revêtent une importance non négligeable. Et pour cause, les intérêts sont comptabilisés par « quinzaine calendaire entière ». C’est à dire que les sommes que vous aurez versées sur vos produits d’épargne entre le 1er et le 15 du mois ne commenceront à générer des intérêts qu’à compter du 16… Quant aux sommes qui auraient été déposées entre le 16 et le dernier jour du mois, elles ne produiront des intérêts qu’à partir du 1er jour du mois suivant. Vous suivez ?

Bref, pour maximiser vos intérêts, retenez qu’il est important d’optimiser vos dates de dépôt mais aussi de retraits. Pour paraphraser Michel Berger, on pourrait même se risquer à dire qu’une date de valeur, « c’est peut-être un détail pour vous. Mais pour votre banquier, ça veut dire beaucoup ».

 

4. Soupesez l’utilité réelle d’un livret bancaire

Si les banques redoublent d’ingéniosité pour booster l’attractivité des livrets bancaires qu’elles proposent, soyez attentif(ve) aux taux proposés. D’une part, la plupart des taux ne dépassent pas les 3 %. D’autre part, à l’expiration d’un certain délai, le taux du livret bancaire retombera aux alentours de 0,30 % brut, soit 0,20 % net. Pour autant, force est de constater que le plafond – généralement élevé – des montants déposés peut parfois venir compenser la faiblesse des taux proposés.

 

5. Conservez votre PEL

Dans le cadre de votre stratégie patrimoniale, tirez le meilleur parti de votre épargne en continuant d’alimenter votre PEL. Surtout s’il affiche quelques années au compteur. Et pour cause, si la date d’ouverture de votre PEL est comprise entre le 01/08/2013 et le 31/01/2015, vous profiterez alors d’un taux d’intérêt annuel de 2,50 % (soit 2,07 % net au cours des dix premières années, déduction faite des prélèvements sociaux). À titre de comparaison, les PEL ouverts en 2018 ne rapportent que 0,70 % par an et font l’objet d’une imposition au PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) dès la 1ère année.

 

6. Optez pour les assurances-vie en fonds euros

Moins rémunérateurs mais également moins versatiles que les fonds en unités de compte, elles sont des supports d’investissement auxquels vous pourriez vous intéresser. Si leurs taux moyens (aux environs de 1,48 % en 2017) ne font pas spécialement rêver, les fonds en euros n’ont pas dit leur dernier mot. Loin s’en faut, même !

En effet, la mise en place du PFU (une « flat tax » affichant un taux de 30 %) risque fort de booster considérablement leur popularité ; seuls les intérêts résultant de primes supérieures à 150 000 € versées à compter du 27/09/2017 y seront soumis. Si vous avez souscrit votre assurance-vie depuis au moins huit ans, vous bénéficierez en outre d’une fiscalité allégée et d’un abattement sur vos gains.

Bon à savoir

Pour optimiser l’efficacité de votre assurance-vie en fonds euros, ciblez, de préférence, les contrats :

  • sur lesquels vous pouvez négocier les frais d’entrée,
  • qui ne prévoient ni de plancher, ni de plafond pour vos versements.

 

7. Envisagez les comptes à terme

Si vous n’avez rien contre le fait d’accepter de bloquer provisoirement votre épargne, pourquoi ne pas jouer la carte du compte à terme ? Plus longue sera la durée d’immobilisation convenue, meilleure sera votre rémunération. Comptez entre 0,90 % pour une indisponibilité d’un an et 1,60 % si votre argent est immobilisé pendant trois ans. Attention, en cas de retrait anticipé, vous serez pénalisé… Pour pallier ce risque, il est parfois conseillé de répartir vos avoirs sur plusieurs comptes à terme.

 

8. Investissez dans la pierre

Si les livrets réglementés, l’assurance-vie ou encore les comptes à terme permettent de gagner de l’argent avec son épargne, force est de constater que dans le coeur des Français, c’est bien la pierre locative qui occupe la première place. Un récent sondage nous apprend d’ailleurs que nous focalisons près des 2/3 de notre effort d’épargne annuel sur l’immobilier locatif.

Ce véritable « hold up » que réalise l’investissement locatif trouve son explication dans son côté « protéiforme ». Véritable « couteau suisse », l’investissement immobilier permet, en effet, de poursuivre plusieurs objectifs à la fois : se constituer un patrimoine, transmettre – ou revendre – ce patrimoine, mettre en place des revenus complémentaires, préparer sa retraite (et ainsi pallier la baisse de revenus qui s’ensuivra), s’assurer un rendement stable, défiscaliser, etc.

Enfin, il peut être utile de rappeler que l’investissement immobilier a pour particularité de pouvoir être financé à crédit. Car même si l’on ne dispose pas de moyens considérables, il reste possible de se construire patiemment un patrimoine immobilier en faisant en sorte que les revenus locatifs que l’on percevra viennent compenser tout ou partie des mensualités que l’on devra rembourser à la banque.

 


 

Les points clés à retenir

  • En matière d’épargne, ce n’est pas seulement la quantité qui importe mais aussi la régularité des versements que vous effectuerez.
  • Aucun produit d’épargne n’est meilleur qu’un autre. En revanche, certains sont mieux adaptés que d’autres.
  • L’immobilier doit également être une piste à envisager.
  • Pour sécuriser vos placements et choisir le produit qui répondra le mieux à vos attentes, recueillez l’avis d’un conseiller en gestion de patrimoine.

 

 

Par Xavier Beaunieux