Quelles perspectives pour les retraites complémentaires ?

16 mars 2018

En proie à des difficultés financières chroniques, les régimes de retraite complémentaire que sont l’Arrco (pour la totalité des salariés) et l’Agirc (réservé aux cadres) feront l’objet d’une fusion en 2019. Un dispositif de « bonus-malus » sera également mis en place. Quel impact cette fusion aura-t-elle sur le montant de votre pension de retraite complémentaire ? Et sur vos cotisations ? Comment limiter la casse ? Éléments de réponse.

 

Pour optimiser votre capacité d’épargne, un certain nombre de pistes méritent d’être explorées …

 

1. Votre pension complémentaire pourrait subir une décote temporaire de 10 %

Alors que la règle actuelle veut qu’à une retraite de base à taux plein corresponde automatiquement une retraite complémentaire à taux plein également, à compter du 1er janvier 2019, les choses vont changer : il n’existera plus de corrélation entre le taux de votre retraite de base et celui de votre retraite complémentaire.

En clair, l’Agirc-Arrco – née de la fusion entre Agirc et Arrco – pourra réduire de 10 % le montant de votre retraite complémentaire si vous avez vu le jour après 1956 et que vous liquidez vos droits à la retraite après le 1er janvier de l’année prochaine. Et cela, alors même que vous bénéficieriez d’un régime de base à taux plein …

Bon à savoir

  • D’une durée limitée à trois ans, la décote de 10 % qui vous sera appliquée si, étant né(e) en 1957 ou après, vous faites valoir vos droits à la retraite à compter du 1er janvier 2019, cessera automatiquement à votre 67ème anniversaire.
  • Dans le cas d’un ancien cadre, la retraite complémentaire pourra constituer, à elle seule, jusqu’aux 2/3 de sa pension totale.

 

2. Dans quels cas éviterez-vous la décote ?

Pour ne pas subir de malus et espérer profiter d’une retraite complémentaire à taux plein, deux choix s’offrent à vous. Devancer l’appel ou, au contraire, jouer les prolongations. À moins que vous n’échappiez de plein droit à la décote.

 

> Cas de figure n°1 : vous décidez de jouer les prolongations

Un moyen de ne pas vous voir appliquer la décote de 10 % consiste à retarder votre départ en retraite d’une année minimum après avoir rempli tous les critères pour bénéficier d’un taux plein. En clair, si vous avez soufflé les 62 bougies qui recouvraient votre gâteau d’anniversaire et que vous avez cumulé suffisamment de trimestres.

 

> Cas de figure n°2 : vous devancez l’appel

Une autre solution pour toucher une pension de retraite complémentaire à taux plein consiste à opter pour un départ anticipé avant la date fatidique du 1er janvier 2019. Soit au plus tard, le 31 décembre 2018. Mais cette option suppose d’avoir commencé à travailler très jeune.

 

> Cas de figure n°3 : vous bénéficiez d’une dispense

Vous pourrez échapper de plein droit à la décote tant redoutée et rester soumis aux règles en vigueur actuellement, quelle que soit la date de votre départ en retraite, à la condition que :

  • vous soyez un baby boomer qui a vu le jour avant 1957,
  • vous souffriez d’un handicap,
  • vous soyez un « aidant » familial (et vous vous occupiez d’un proche dépendant et/ou handicapé),
  • vos revenus soient trop modestes (votre revenu fiscal de référence étant inférieur à un certain montant, vous serez également exonéré(e) de CSG).

 

Bon à savoir

  • Depuis 2017, l’âge légal minimum de départ en retraite pour les personnes nées avant 1955 est de 62 ans. Pour autant, il est possible de raccrocher les gants plus tôt. Notamment si l’on a commencé à travailler très jeune.
  • Pour toucher 100 % du montant de votre pension, il vous faudra avoir cotisé pendant un certain nombre de trimestres. Si vous est né(e) en 1955, vous devrez ainsi avoir cotisé durant 166 trimestres (41 annuités + 2 trimestres).
  • Dans le privé, votre employeur pourra – sous conditions – vous mettre à la retraite d’office quand vous aurez atteint l’âge de 70 ans.

 

3. Prenez les devants (et investissez dans l’immobilier locatif !)

Pour compenser le manque à gagner occasionné par l’éventuelle décote que pourrait subir votre retraite complémentaire mais aussi la hausse de la CSG (au cas où votre revenu fiscal de référence vous empêcherait de profiter d’un taux réduit) et maintenir votre pouvoir d’achat ainsi que votre niveau de vie, ne comptez pas sur la baisse progressive (30 % en 2018, 65 % en 2019 puis 100 % en 2020) de la taxe d’habitation.

Il est donc important que vous puissiez vous appuyer sur un dispositif qui vous assurera de toucher des revenus complémentaires une fois que vous aurez cessé de travailler pour jouir d’une retraite bien méritée. Par sa polyvalence, la pierre locative s’inscrit parfaitement dans cette logique de mise en place d’un complément de revenus. Et pour cause, un investissement locatif permet non seulement de percevoir des revenus locatifs réguliers mais aussi – sous conditions – de réduire vos impôts (investissement en loi Pinel, en résidence-services, en location meublée, en Malraux…) et de vous constituer un patrimoine que vous pourrez, à terme, revendre ou récupérer pour vous loger avant de le transmettre à vos enfants.

Pour vous aider à opter pour la solution d’investissement la plus adaptée à votre profil de retraité, recueillez l’avis d’un conseiller en gestion de patrimoine. Son expertise, tant patrimoniale que fiscale, vous permettra d’aborder votre retraite sereinement.

Bon à savoir

Et les cotisations, on en parle ?

Dès l’année prochaine, le montant des cotisations retraite augmentera. Le « taux d’appel » passera, par exemple, de 125 à 127 %. Dans le même temps, la répartition des cotisations Agirc se calera sur celle de l’Arrco et se verra allégée au profit de l’employeur. De 62 % à la charge de celui-ci et de 38 % à celle du salarié, on passera à une réparation à 60/40.

 


 

Les points clés à retenir

  • En 2019, un système de « bonus-malus » touchant les retraites complémentaires sera mis en place.
  • Sauf exception (handicap, revenus insuffisants, aide familiale), les personnes nées après 1956 et qui liquideront leurs droits à la retraite verront une décote – temporaire – de 10 % s’appliquer à leur retraite complémentaire.
  • Un bon moyen de pallier la hausse de la CSG et l’abattement sur les pensions de retraite complémentaire consiste à investir dans l’immobilier locatif pour s’assurer un complément de revenus réguliers et, sous conditions, défiscaliser.
  • L’expertise d’un conseiller en gestion de patrimoine vous aidera à préparer efficacement votre retraite en investissant dans la pierre locative.

 

 

Par Xavier Beaunieux