Baisse programmée des retraites pour les cadres

12 avril 2016

Le montant des pensions complémentaires va reculer jusqu’à 18% pour les cols blancs d’après des projections dévoilées le 13 avril 2016.

 

Les cadres ont intérêt à mettre de l’argent de côté pour leurs vieux jours. Selon des projections rendues publiques le 13 avril 2016 par le Conseil d’orientation des retraites (COR), un comité d’experts consultatif placé sous l’autorité de Matignon qui fait référence, les cols blancs vont voir le montant de leurs pensions complémentaires chuter jusqu’à 18% dans les années à venir.

Pour résorber les déficits des régimes complémentaires Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres), les partenaires sociaux, gestionnaires des deux régimes, ont en effet signé le 30 octobre 2015 un accord instaurant de drastiques mesures d’économie. Ces dispositions sont particulièrement pénalisantes pour les cadres sachant que les retraites complémentaires représentent en moyenne 60% de leur pension globale, contre seulement 30% chez les non-cadres.

Décote temporaire

Première mesure qui risque de faire mal : la création d’une décote temporaire. Les salariés nés à partir de 1957 et qui liquident leurs droits à la retraite à compter de 2019 à l’âge légal (62 ans) en disposant de tous leurs trimestres au régime de base subiront un abattement de 10% sur leurs pensions complémentaires durant trois ans. Pour les cadres, le « malus » s’appliquera à la fois sur leurs retraites Arrco et Agirc. Une sorte de double peine.

L’accord prévoit également de baisser le rendement des cotisations complémentaires de 6,56% à 6%. En d’autres termes, 1.000 euros cotisés permettront de percevoir 60 euros de rentes à la retraite et non plus 65,60 euros. Parallèlement, le taux d’appel a été porté de 125% à 127%. En clair : sur 127 euros de cotisations versés, 100 euros seront pris en compte pour le calcul des points au lieu de 125 euros aujourd’hui.

Pas de rattrapage

Enfin, l’accord paritaire du 30 octobre 2015 instaure un décalage de la revalorisation annuelle des retraites complémentaires du 1er avril au 1er octobre, effectif dès cette année, et une sous-indexation des pensions complémentaires de 1 point par rapport à l’inflation en 2016, 2017 et 2018. Ces deux mesures vont se traduire par une moindre hausse de la valeur de service du point qui ne sera jamais rattrapée.

Au final, un cadre né en 1975 qui prendra sa retraite à 62 ans en 2037, connaîtra, au moment de son départ, un recul du montant cumulé de ses pensions Arrco et Agirc de 16,3%. Cette baisse sera ramenée à – 7% à partir de la quatrième année de retraite, c’est-à-dire une fois que la décote temporaire sera supprimée. Un moindre mal.