Dépendance : les Français mal préparés

12 mars 2015

Alors que le projet de loi vieillissement est débattu à partir du 17 mars au Sénat, l’opinion publique se montre peu concernée par la perte d’autonomie, y compris les personnes de 45 ans et plus.

 

Le projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement risque, une nouvelle fois, de ne pas passionner les foules. Voté en catimini le 14 septembre dernier à l’Assemblée nationale, le texte consacré à la dépendance devrait être examiné au Sénat, à compter du 17 mars prochain, dans une quasi-indifférence générale. Et pour cause : la perte d’autonomie n’intéresse pas l’opinion publique française.

A tort sachant que, compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, le nombre de personnes dépendantes va doubler en France pour atteindre 2,3 millions d’individus en 2060, d’après les projections du ministère des Affaires sociales et de la Santé !

 

A peine 10% de seniors prévoyants

Même les seniors, pourtant confrontés pour certains à la dépendance de leurs propres parents, sont une minorité à s’en préoccuper. Selon une étude de l’Insee réalisée auprès de 1.999 personnes « valides » âgées de 45 ans et plus rendue publique le 19 février 2015, seulement 10,2% des sondés déclarent avoir pris des dispositions pour se couvrir contre le risque de dépendance.

Parmi eux, 70,4% disent avoir contracté une assurance dépendance individuelle et 9,2% une assurance dépendance collective souscrite dans le cadre de leur entreprise. Ce qui ne les empêche pas d’avoir pris d’autres dispositions. 13,8% des seniors prévoyants ont d’ores et déjà aménagé leur logement. Mieux : 32,1% épargnent en vue de financer les surcoûts consécutifs à l’entrée en dépendance, la plupart du temps en plus de la souscription d’une assurance dédiée.

 

Un énorme « reste à charge »

Ces irréductibles n’ont pas tort : le « reste à charge » (ce qui reste à payer après les aides et allocations versées par l’Assurance maladie et le département) d’un placement dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) s’élève, en moyenne, à 1.468 euros par mois, toujours d’après l’Insee. La facture peut même atteindre 2.300 euros par mois si la personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer et nécessite, en conséquence, une surveillance accrue.

Un coût énorme au regard du montant moyen des pensions de retraite en France qui atteint 1.288 euros par mois, selon le ministère des Affaires sociales et de la Santé. Conscient du problème, de la disparité et du manque de transparence des tarifs pratiqués par les Ehpad, le gouvernement a décidé d’agir.

Avant même l’entrée en vigueur du projet de loi vieillissement prévu au 1er janvier 2016, un comparateur en ligne des prix des Ehpad va être lancé en mai prochain sur le portail Pourlespersonnesagees.gouv.fr, a annoncé la secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Autonomie et des Personnes âgées Laurence Rossignol. Un outil qui permettra peut-être aux Français de prendre (enfin) conscience de l’importance de préparer en amont sa perte d’autonomie.