Les Français ne savent quoi faire de leur épargne

15 juin 2016

Si nos compatriotes figurent parmi les plus gros épargnants au monde, seuls un tiers d’entre eux font fructifier leur argent. La majorité laisse dormir leurs économies dans des comptes bancaires.

 

Les Français thésaurisent massivement, mais une minorité seulement place son argent. Ce constat, guère réjouissant, est tiré de la dernière enquête annuelle de BlackRock, l’une des principaux gestionnaires d’actifs au monde, publiée le 28 mai 2016. Réalisée auprès de 31.000 personnes vivant dans 20 pays développés ou en voie de développement, le volet français porte sur un panel de 1.000 individus âgés de 25 à 74 ans.

Premier enseignement : les Français arrivent en tête des épargnants en Europe. Alors que le pourcentage de sondés déclarant posséder de l’épargne atteint 87% en France, il se situe à 75% en Allemagne ou à 79% au Royaume-Uni. Plus surprenant, à peine 33% des Français disent se servir de ce matelas financier pour investir, contre 43% en moyenne dans les autres pays européens.

Epargner pour… épargner

Pour 40% des répondants français, la priorité financière est la constitution d’une épargne, devant la préparation à la retraite (32%) et le maintien du patrimoine (28%). Le long terme n’est clairement pas privilégié puisque les économies sont destinées dans 60% des cas à pouvoir faire face aux imprévus.

En matière de supports financiers, le bas de laine des Français est constitué à 55% de liquidités, à 20% d’assurance vie en euros, à 8% de placements immobiliers, à 4% d’actions, à 3% d’obligations et à 10% d’autres actifs. De tous les pays étudiés par BlackRock, seule la Colombie affiche un investissement en actions plus faible.

Rejet de la Bourse

Cette aversion aux marchés financiers va très loin. Même en leur montrant la différence de rendement entre les actions et les liquidités entre 2005 et 2015, 50% des sondés français préfèrent quand même laisser dormir leur épargne sur leur compte en banque. Pire : ils sont conscients de leur mauvais choix puisqu’ils estiment en moyenne que le « cash » ne devrait pas dépasser 31% de l’épargne.