Les retraites complémentaires au régime sec

5 décembre 2014

Les régimes complémentaires Agirc et Arrco sont au bord de la faillite. Les solutions pour les sauver risquent d’être douloureuses pour les retraités et surtout pour les actifs.

Les négociations entre les partenaires sociaux qui devraient démarrer le 7 janvier 2015 (à moins qu’elles ne soient encore repoussées) vont être très tendues. L’enjeu est, il est vrai, de taille : il s’agit ni plus ni moins de sauver les régimes de retraite complémentaires du secteur privé dont le patronat et les syndicats assurent la gestion. Si rien n’est fait, l’Arrco (le régime complémentaire de tous les salariés) et l’Agirc (le régime complémentaire des seuls cadres) auront épuisé leurs réserves respectivement en 2027 et en 2018. Or, leur statut ne leur permet pas d’emprunter sur les marchés.

Comme tous les régimes de retraite, l’Agirc et l’Arrco sont confrontés à une envolée du nombre de leurs pensionnés suite à l’allongement de l’espérance de vie et à l’arrivée massive à la retraite des « papy boomers ». Dans le même temps, le nombre de cotisants a, lui, tendance à stagner compte tenu de la hausse du chômage et de l’entrée plus tardive des jeunes sur le marché du travail. Une équation intenable dans des régimes par répartition tels l’Agirc et l’Arrco, dans lesquels les actifs financent par leurs cotisations les prestations versées aux retraités.

Nouvelle hausse des cotisations ?

Les partenaires sociaux peuvent toujours désindexer les pensions complémentaires, c’est-à-dire appliquer une revalorisation annuelle inférieure à celle de l’inflation, comme ils l’ont fait en 2013 et 2014. Seul hic : en période de faible hausse des prix à la consommation, la sous-indexation génère peu d’économies. A défaut de baisser les prestations, ils pourraient augmenter les cotisations. Là encore, la solution a ses limites car le risque est d’alourdir les charges pesant sur les entreprises et d’éroder davantage leur compétitivité. Les partenaires sociaux envisageraient d’ailleurs d’appliquer, pour la première fois, une hausse des cotisations uniquement supportée par les salariés.

Autre piste : mettre en place un abattement progressif de 62 ans à 65 ans pour inciter salariés et cadres à travailler plus longtemps et ainsi cotiser davantage. Les pensions de réversion versées aux conjoints survivants pourraient représenter 54%, voire 50% de la pension du défunt, contre 60% aujourd’hui. Pour éviter cette baisse, les retraités auraient la possibilité d’accepter de leur vivant une minoration de leurs pensions complémentaires.

Nouvelle baisse du rendement ?

Enfin, les partenaires sociaux pourraient réduire le rendement des cotisations. Un levier déjà largement utilisé par le passé. Pour percevoir une retraite sur une base de 100, l’actif cotise aujourd’hui 125. Certains parlent de porter le taux de rendement à 130% ou 135%. Bref, on l’aura compris, l’avenir paraît bien sombre, notamment pour les cotisants. Pour rappel, les retraites complémentaires représentent de 50% à 60% de la pension d’un cadre.